Logo

Salaire des patrons des entreprises du CAC 40

En 2026, le PDG d'EssilorLuxottica gagnera plus de 23 millions d'euros s'il réussi à atteindre tous ses objectifs. Découvrez la rémunération des autres PDG.

Alexandre Plunian
Publié le
Mis à jour le
Image de Paris avec le drapeau français au premier plan et la Tour Eiffel en arrière-plan, illustrant le salaire des patrons du CAC 40.
Paris, symbole de l'économie française, en toile de fond d'une réflexion sur les salaires des dirigeants du CAC 40.

Comme chaque année, les publications des documents d’enregistrement universel permettent de lever le voile sur la rémunération des patrons des entreprises du CAC 40.

En 2026, la rémunération moyenne des dirigeants du CAC 40 a baissé de 9% et le salaire moyen s’élève à 6,5 millions d’euros par dirigeant

Le classement des PDG les mieux rémunérés

Voici le classement des patrons des entreprises du CAC 40 les mieux rémunérés :

Rang

Nom et prénom

Entreprise

Montant

1

Francesco Milleri

23 100 000 €

EssilorLuxottica

2

Pascal Daloz

15 500 000 €

Dassault Systèmes

3

Patrick Pouyanne

10 600 000 €

TotalEnergies

4

Axel Dumas

7 287 000 €

Hermès

5

Luca De Meo

5 297 370 €

Kering

6

Arthur Sadoun

4 563 999 €

Publicis

7

Nicolas Hieronimus

4 048 500 €

L'Oréal

8

Olivier Roussat

4 024 500 €

Bouygues

9

Daniel Julien

3 973 928 €

Teleperformance

10

Paul Hudson

3 966 200 €

Sanofi

11

Jean-Laurent Bonnafe

3 856 401 €

BNP Paribas

12

Antoine de Saint-Affrique

3 794 000 €

Danone

13

Jean-Marc Chery

3 437 558 €

STMicroelectronics

14

Bernard Arnault

3 415 932 €

LVMH

15

Alexandre Bompard

3 357 000 €

Carrefour

16

Xavier Huillard

3 296 800 €

Vinci

17

Philippe Brassac

3 206 630 €

Crédit Agricole

18

Alexandre Ricard

3 121 180 €

Pernod Ricard

19

Guillaume Faury

3 066 525 €

Airbus

20

Thomas Buberl

3 003 319 €

AXA

21

Jean-Marie Tritant

2 891 602 €

Unibail

22

Catherine Macgregor

2 890 000 €

Engie

23

Bertrand Dumazy

2 849 753 €

Edenred

24

Benoit Potier

2 818 000 €

Air Liquide

25

Sébastien Bazin

2 763 893 €

Accor

26

Patrice Caine

2 657 352 €

Thales

27

Aiman Ezzat

2 597 000 €

Capgemini

28

Slawomir Krupa

2 517 975 €

Société Générale

29

Estelle Brachlianoff

2 517 372 €

Veolia

30

Gilles Martin

2 517 000 €

Eurofins

31

Carlos Tavares

2 500 000 €

Ancien PDG de Stellantis

32

Olivier Andries

2 364 667 €

Safran

33

Florent Menegaux

2 258 000 €

Michelin

34

François-Henri Pinault

2 250 120 €

Kering

35

Hinda Gharbi

2 205 000 €

Bureau Veritas

36

Benoit Bazin

1 981 711 €

Saint-Gobain

37

Benoit Coquart

1 950 300 €

Legrand

38

Christel Heydemann

1 835 000 €

Orange

39

Aditya Mittal

1 754 057 €

ArcelorMittal

40

Olivier Pascal Blum

398 600 €

Schneider

Trois dirigeants dépassent les 5 millions d’euros hors actions :

  • Luca de Meo (ancien PDG de Renault)

  • Francesco Milleri (EssilorLuxottica)

  • Axel Dumas (Hermès)

Tous ont dépassé leurs objectifs, avec à la clé des performances boursières remarquables, sauf pour Renault qui déçoit les investisseurs. Voici les performances sur les 5 dernières années :

  • Renault -6%

  • Essilor Luxottica +119%

  • Hermès +144%

Le PDG d'Essilor Luxottica a pris la tête du classement avec une rémunération totale de 23,1 millions d’euros. La rémunération a doublé comparé à 2023.

Après avoir quitté Renault en juin, Luca de Meo est devenu le nouveau PDG de Kering le 15 septembre 2025. En plus d’avoir empoché une prime de 20 millions d’euros à la signature, son salaire mensuel fixe s’élève à 2,2 millions d’euros. Une rémunération annuelle variable de 1,2 million à 6,6 millions s’ajoutera à son salaire de base en cas de surperformance.

Comment est composé le salaire d’un PDG du CAC 40 ?

Le package de rémunération d’un dirigeant ne se limite pas à son salaire fixe. Il comprend généralement des bonus :

  • Une part fixe qui représente entre 20 % et 40 % du salaire total

  • Une part variable annuelle, qui est indexée sur les performances économiques de l’entreprise : résultats financiers, cours de bourse, objectifs RSE…

  • Une rémunération variable à long terme, qui est souvent versée sous forme d’actions et conditionné à des critères étalés sur plusieurs années.

  • Des avantages en nature (voiture, logement, sécurité…).

💡
Exemple : un dirigeant peut toucher 2 millions d’euros de fixe, mais percevoir 10 à 15 millions d’euros via des actions si les objectifs sont atteints.

Qui décide de leur rémunération ?

Depuis la loi Sapin 2 (2016), les actionnaires disposent d’un droit de regard sur les rémunérations des patrons du CAC 40. Un vote "Say on Pay" est obligatoire.

Il consiste à faire voter les actionnaires pour qu’ils valident (ou non) la politique de rémunération et approuver la rémunération déjà versée.

Chaque forme de rémunération doit être validée lors d’une assemblée générale. Chaque actionnaire est libre de l’approuver ou non, mais c’est la majorité qui l’emporte.

ℹ️
En 2023, le fonds souverain norvégien a par exemple poussé les actionnaires de TotalEnergies à voter contre la rémunération de Patrick Pouyanné. Ce type d’opposition reste rare, mais peut avoir un impact significatif.

Tout savoir sur le salaire des patrons du CAC 40

En 2024, le salaire moyen d’un dirigeant du CAC 40 s’élève à 2 611 255 € pour une médiane de 2 097 607 €.

Mais dès qu’on inclut les variables, les bonus et les actions, les chiffres explosent :

  • Moyenne annuelle totale : 6,5 millions d’€

  • Médiane : 5,6 millions d’€

ℹ️
En moyenne, la rémunération fixe d’un dirigeant du CAC 40 atteint 1,37 million d’euros et la part variable à court terme environ 1,77 million d’euros.

La star du classement : Carlos Tavares (ex Stellantis)

Carlos Tavares est le deuxième plus gros salaire fixe du CAC 40, mais affiche plus de 20 millions d’euros en actions pour la deuxième année consécutive. Sa rémunération a baissé de 37 % par rapport à 2023, mais elle représente toujours 350 fois le salaire moyen des 259 000 employés du groupe dans le monde.

Son cas illustre l’approche « à l’américaine » de certaines entreprises du CAC : des packages massifs, mais très alignés sur la performance. À tord ou à raison, la rémunération de Carlos Tavares a été très critiquée.

ℹ️
Actualité 2025 : Carlos Tavares n’est plus à la tête de Stellantis. Il a démissionné et a été remplacé par Antonio Filosa.

Quand performance boursière et rémunération ne vont pas de pair

Concernant la rémunération des patrons du CAC 40, certaines situations interrogent. Chez Teleperformance, le PDG reçoit 4,5 millions d’euros en actions, malgré une chute de -79 % du cours sur les 5 dernières années.

Même chose chez Sanofi ou L’Oréal, où les actions attribuées dépassent 5 millions d’euros alors que la performance boursière est restée très faible en 5 ans.

Cela relance le débat sur les critères réels d’attribution des bonus à long terme : résultats financiers ? Performance boursière ? Objectifs en internes ? Que faut-il choisir ?

Des écarts de rémunération

Il n’existe pas de grille unique de rémunération concernant les dirigeants d’entreprises. Les écarts sont importants et peuvent s’expliquent par :

  • La taille du groupe

  • La gouvernance (familles fondatrices, contrôle du capital..)

  • La performance opérationnelle ou boursière

  • Le secteur (luxe, tech, pharmaceutique..)

  • L’expérience et le parcours du dirigeant

Aucun des trois PDG des grandes banques françaises ne figure dans le top 20, alors que leurs homologues américains reçoivent des rémunérations proche des 40 millions de dollars annuels :

  • Jamie Dimon (JP Morgan) : 39 M$

  • David Solomon (Goldman Sachs) : 39 M$

Même à l’échelle européenne, les patrons de la BNP Paribas, Société Générale ou du Crédit Agricole sont au moins 2 fois moins bien rémunérés que ceux de :

  • UBS (Sergio Ermotti) : 15,6 M€

  • Santander (Ana Botin) : 14,9 M€

  • Deutsche Bank (Christian Sewing) : 10,6 M€

Des femmes toujours trop peu présentes

Sur les 40 entreprises du CAC, seules 4 sont dirigées par des femmes et aucune ne figure dans le top 20.

Pire encore : aucune ne dépasse le million d’euros de rémunération fixe (contre 28 hommes sur 40).

Un déséquilibre important, malgré la féminisation des conseils d’administration.

Conclusion : un débat toujours d’actualité

En 2026, la rémunération des patrons du CAC 40 reste importante par les montants et complexe dans sa logique. Malgré les dispositifs de contrôle par les actionnaires, les écarts continuent de se creuser, entre dirigeants et salariés, mais aussi entre entreprises.

Une chose est sûre : les salaires des patrons continueront d’alimenter les débats économiques et politiques.

Ce site et les informations qui y sont publiées ne constituent en aucun cas des conseils en investissement ni une incitation quelconque à acheter ou vendre des instruments financiers. Les commentaires et informations délivrées sont l'expression d'opinions personnelles et ne doivent pas être considérés comme des conseils ou recommandations en investissement. Vos décisions d'investissement ne doivent pas reposer uniquement sur ces informations.

Alexandre Plunian

Alexandre Plunian

Passionné par l'économie, la finance et l'investissement, j'ai créé Le média de l'investisseur afin de partager mes connaissances et démocratiser l'investissement.

Tous les articles de Alexandre Plunian

Derniers articles

Autres articles de la catégorie Actualité

Autres articles de Alexandre Plunian